Carlo Rovelli – Sept brèves leçons de physique – (trad.Patrick Vighetti) – Odile Jabob editions

http://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/physique-chimie/sept-breves-lecons-de-physique_9782738133120.php

Je ne suis pas une scientifique, la bosse des math me fuit et la physique, j’adore l’entendre évoquer par Etienne Klein ou feuilleter les revues scientifiques mais je ne suis qu’une dilettante fascinée par la magie de la fée science. Aussi tout ouvrage de vulgarisation, surtout quand il est aussi court, est pour moi un moment de grâce. L’impression d’un seul coup, en quelques pages patiemment lues et parfois relues d’avoir enfin trouvé la lumière et de crier Euréka sous ma couette….oui je fais des trucs bizarres sous ma couette… Et bien croyez le ou non, avec ces Sept Brèves Leçons de Physique, l’auteur de Un Peu de Science Subversive réussit le pari d’enchanter encore plus ma vision de la Physique. Je n’ai aucun doute sur le fait que je suis incapable de saisir les finesses et les nuances de cette science de ce qui nous entoure, mais je me sens juste un peu plus curieuse, un peu plus fascinée.

Ces leçons avaient été préalablement publiées dans un quotidien italien. Rassemblées ici, elles deviennent une jolie petite histoire des grands thèmes de la Physique contemporaine. Sont abordés la théorie de la Relativité Générale ou la rencontre de Newton et d’Einstein ; les quantas petites merveilles théoriques qui restent aussi mystérieux que les licornes et qui laissaient Einstein sceptiques ; l’architecture du cosmos ou l’histoire d’un mollusque à la peau granuleuse ; puis viennent les particules parmi lesquelles on trouve les très littéraires quarks qui transforment l’espace en une gigantesque partie sous acide ; les grains d’espace où l’on découvre que les physiciens décrivent des mondes qui ne semblent pas du tout aller ensemble, mais qui à force de regarder autrement finissent par dire une nouvelle histoire révolutionnaire ; la sixième est une histoire de la probabilité et une question véritablement philosophique sur l’écoulement du temps et la réalité du présent.

9782738133120

Mais c’est la dernière leçon qui m’a le plus séduite. Une merveille d’humanité et d’intelligence. Un rappel également que malgré l’accroissement phénoménal et semble t il exponentiel de nos connaissances sur le temps, l’espace et les probabilités d’autres mondes ou de formidable retournement possible de nos scénarios sur notre univers, sa naissance et son histoire, nous restons incapables de ne pas nous mettre en danger nous-mêmes. Nos connaissances ne font pas de nous des sages, mais malheureusement pour nous, nous sommes aujourd’hui notre premier et sans doute désormais seul ennemi. Pour l’univers la disparition prochaine d’un primate n’aura pas le moindre impact, à peine une ridule sur la « peau » du mollusque et cette certitude est la dernière protection contre le terrible hybris qui affecte notre espèce…

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Une réflexion sur “Carlo Rovelli – Sept brèves leçons de physique – (trad.Patrick Vighetti) – Odile Jabob editions

  1. Bonjour, c’est pour Carla Ravelli, ici ? Sauf votre respect chère Hécate… un peu cacographique ces lignes ‘subversives’… et pourquoi finir par ce primate finissant ridicule sur la peau  »  » du mollusque ? et la terrible hybris qui affecte ?
    J’esplique : L’hybris (aussi écrit hubris, du grec ancien ὕϐρις / húbris) est une notion grecque que l’on peut traduire par « démesure ». C’est un sentiment violent inspiré par les passions, et plus particulièrement par l’orgueil. Les Grecs lui opposaient la tempérance, et la modération. Dans la Grèce antique, l’hybris était considérée comme un crime. Elle recouvrait des violations comme les voies de fait, les agressions sexuelles et le vol de propriété publique ou sacrée. On en trouve deux exemples bien connus : les deux discours de Démosthène, Contre Midias et le Contre Conon. Bon.
    Recouvrir, elle recouvrait… imaginer… recouvrir, donc lever la cuisse par dessus le mollusque !
    Ach ! la nemesis : la némésis, le châtiment des dieux… « Regarde les animaux qui sont d’une taille exceptionnelle : le ciel les foudroie et ne les laisse pas jouir de leur supériorité ; mais les petits n’excitent point sa [du ciel] jalousie. Regarde les maisons les plus hautes, et les arbres aussi : sur eux descend la foudre, car le ciel rabaisse toujours ce qui dépasse la mesure. »

    Un moment de grâce [quand il est aussi court] : d’un seul coup, crier Euréka sous ma couette….oui je fais des trucs bizarres sous ma couette… mais, chère Hécate, c’est l’histoire de l’enchanteur enchanté …! que vous en semble ?

    Nos connaissances ne font pas de nous des sages, dites-vous. Sachez que j’ai des lectures qui enseignent que nous n’avons ni conscience ni volonté… Notre espèce, comme vous le dites fort justement, n’a pas la bosse des maths, dilettante qu’elle est, fascinée par la magie.

    Alors ‘saisir les finesses’… voilà les maîtres mots !  » Les mots sont en flux… les ingrédients d’une recette  » , Friedrich Nietzsche. Moi je dis plutôt, comme Pascal : 1._Différence entre l’esprit de géométrie et l’esprit de finesse._ En l’un, les principes sont palpables, mais éloignés de l’usage commun ; de sorte qu’on a peine à tourner la tête de ce côté-là, manque d’habitude : mais pour peu qu’on l’y tourne, on voit les principes à plein ; et il faudrait avoir tout à fait l’esprit faux pour mal raisonner sur des principes si gros qu’il est presque impossible qu’ils échappent. Mais dans l’esprit de finesse , les principes sont dans l’usage commun et devant les yeux de tout le monde. On n’a que faire de tourner la tête, ni de se faire violence ; il n’est question que d’avoir bonne vue, mais il faut l’avoir bonne : car les principes sont si déliés et en si grand nombre, qu’il est presque impossible qu’il n’en échappe. Or, l’omission d’un principe mène à l’erreur ; ainsi, il faut avoir la vue bien nette pour voir tous les principes, et ensuite l’esprit juste pour ne pas raisonner faussement sur des principes connus.

    Relisez, je vous prie, les pensées sur l’esprit et sur le style de ce Blaise Pascal. Car il se fait tard et je ne sais plus par coeur les deux pages restantes qui feraient le tout de ce si précis raisonnement d’un si perspicace penseur français, fût il exercé sur le propos d’un objet futile.

    Eh bien, je vous remercie d’avoir permis à mon tout de sentir le vide de n’avoir pas lu encore ‘Sept brèves leçons de physique’. Je cours demain au drugstore..

    Votre dévoué Alain Gautier, commentaire… Written by Alain Gautier.

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