Alberto Manguel – De la curiosité (trad. Christine Le Bœuf) – Actes Sud

http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/de-la-curiosite

COUV_CURIOSITE-191x300La curiosité, cette jolie muse qui nous souffle à l’oreille de toujours douter, toujours regarder, toujours observer, toujours zieuter le monde tel qu’il semble être, pour deviner ce qui se profile de l’autre côté du miroir. Une qualité qui demande d’avoir le cœur bien accroché et l’âme un peu élevée, pour ne pas rester au stade de la curiosité morbide qu’on a vu et qu’on voit encore sévir ces derniers jours….Une qualité qui fonde l’œuvre de l’écrivain argentin de naissance, universaliste dans l’esprit, Alberto Manguel. De la Folie, des Livres, des Bibliothèques, Borges, Stevenson, Dürer, et tant d’autres ont été interrogé, présenté, questionné, accueilli par ce merveilleux passeur de culture. Manguel, comme Eco nous ouvre les mondes et titille notre curiosité pour nous inciter à faire le voyage d’Alice, celui de Dante ou celui de tout être de bonne volonté, cette espoir de reconnaître dans l’autre, dans son langage, dans ses idées, une nouvelle étape au voyage humaniste.

Dans ce livre, c’est à la suite de Dante que l’auteur nous propose à voyager dans ses propres souvenirs, dans ses expériences, pour nous inviter à nous interroger sur notre propre voyage. A la suite de Dante et de Virgile voyageant dans les cercles de l’Enfer, du Purgatoire vers l’ultime porte accédant au Paradis, il profite de chaque étape de ce voyage du poète florentin pour se souvenir et à partir de ce souvenir, construire une réflexion sur le langage, l’art de questionner le réel et le « vrai », notre relation au mal, notre rapport à l’animal et notre rapport à notre environnement, notre place sur cette petite planète bleue. Le rappel également que notre mémoire de la beauté permet de sauver notre humanité comme il le rappelle dans ce passage bouleversant sur ces bribes de l’Odyssée dont se souvient Primo Levi à Auschwitz dans un moment d’échange avec Jean, déporté juif français.

 » La connaissance que recherchent les écrivains, affect et intellect combinés, gît dans la tension entre ce qu’ils perçoivent et ce qu’ils imaginent, et ce savoir fragile nous est transmis comme une tension de plus entre réalité et la réalité de la page. […] et nous avons la capacité de faire l’expérience du monde en posant des questions, en donnant la parole à notre curiosité, ainsi que le démontre la littérature. »

PS: Saviez vous qu’il est fort possible que des inspirations arabes se soient glissées dans la Divine Comédie? Il existe en effet un  poème, l’Epitre du Pardon, écrit au XIè siècle par le poète syrien Abû-l-Alâ’ al-Ma’arrî qui raconte sur un ton humoristique un voyage entre le paradis et l’enfer. Toujours bon de rappeler que notre bon Moyen Age a aimé passionnément la culture arabe et que cette culture arabe a été l’un de plus importants vecteurs de connaissances de nos influences grecques et latines…. La curiosité c’est toujours bon…

Sur le blog La Cité

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