Cinéma – Les suffragettes – Sarah Gavron

Le sujet méritait sans doute un traitement plus complexe et plus profond, mais puisqu’enfin nous reprenons notre juste place dans la culture populaire, ne boudons pas notre plaisir. Notre longue marche pour l’égalité est enfin au cinéma, enfin traitée par des femmes et pour des femmes. Certes le combat est loin d’être gagné surtout pour nos sœurs qui partout dans le monde sont encore dans les fers de l’oppression masculine, interdites d’éducation, poussée dans les rets du mariage et des maternités multiples,  mais des initiatives viennent de partout et se répandent par le biais de l’invention des Frères Lumières.

Revenons à nos suffragettes. Au Royaume de sa Majesté Georges V, à la veille de première guerre mondiale, les femmes ont le droit de travailler comme des bêtes de somme, d’être violées, et vendues comme des biens de consommation ou des bibelots de luxe, mais leur maigre salaire appartient à leur mari, leurs enfants appartiennent au mari, leur corps appartient aux hommes et leur esprit est le plus souvent nié.

1008967Des femmes de la bourgeoisie et de noblesse questionnent ces réalités dès la seconde moitié du XIXè siècle, par les voies pacifiques du dialogue et de la réflexion, mais sont moquées, violentées et surtout ignorées par le pouvoir. Leur leader historique, qu’on ne voit qu’à peine dans ce film, Emmeline Pankhurst, décide de changer de mode d’action. La violence anarchiste devient un exemple à suivre. Les manifestations se font plus houleuses et les réunions secrètes. Apparaissent alors dans les rangs des femmes de « bien », les femmes du peuple, les prolétaires femmes doublement esclaves comme le montre si bien Victor Hugo dans Les Misérables.

A la violence de la police, aux emprisonnements répétés, aux grèves de la faim succèdent alors le combat de rue, les bombes et l’engagement frontal. Et malheureusement, l’Histoire le montre tristement, ce n’est qu’alors que les femmes ont enfin fait entendre leurs voix.

Le film est peut-être trop propret pour rendre hommage à ces femmes, trop lisse, mais, après tout, s’il permet au plus grand nombre de s’approprier ses combats pour renforcer les combats qui nous attendent. Helena Bonham Carter est décidément un vrai bonheur, une actrice qu’on cantonne dans des seconds rôles depuis trop longtemps alors qu’elle est une de nos plus talentueuses actrices, Carey Mulligan qui incarne cette jeune femme jetée dans le combat par hasard est mignonne.

Cela manque de chair, mais c’est un pas de plus pour une vision féministe du monde. Fort nécessaire pour nous, pour nos filles et pour ces pauvres XY qui semblent bien perdus face au monde à venir…

 

Sur le site de Télérama

Documentaire sur la chaîne Toute L’Histoire

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