Cinéma – Les cowboys – Thomas Bidegain

 

Un film étonnant qui court sur une quinzaine d’années, commençant dans la campagne française lors d’une fête country et qui se termine dans la banlieue de Bruxelles. Entre ces deux moments, ces deux lieux, deux quêtes, pour retrouver une jeune fille. Un père, puis un fils pour retrouver une jeune fille partie par amour sans laisser de traces à l’exception de quelques lettres pour dire « tout va bien, ne me cherchez pas ».

Impossible pour un père, trop orgueilleux, trop intransigeant, trop fermé à d’autre qu’à lui même et à son amour exclusif, impossible pour le frère qui veut juste savoir qu’elle va bien. C’est le chemin de croix de ces deux générations d’homme que le réalisateur Thomas Bidegain filme avec beaucoup d’intelligence.

Le sujet est à la mode, le départ de jeunes gens, garçons et filles, apparemment parfaitement intégrés, c’est à dire famille occidentale sans religion prégnante, pour un engagement personnel et religieux intégriste. Ici la fille de cette famille sans histoire, amatrice de cowboys, de country et de square dance, disparaît un jour. Elle a rejoint son petit ami, avec lequel elle avait commencé son chemin vers le sectarisme. Pas de signe avant coureur, incompréhensible pour ce père.

Comment ce alors la traque. Retrouver la jeune fille devient pour le père, sa seule respiration. Brutal et désagréable il se coupe petit à petit de son entourage, croisé aussi sectaire que sa gamine disparue. Seul son fils va le suivre un temps, partout au Yemen, au Danemark, en Hollande, au Maroc, partout où le fantôme de sa fille semble apparaître. On voudrait admirer son engagement, on comprend rapidement que c’est ce caractère que fuyait peut être aussi la gamine. Cette brutalité paternaliste et glaçante. A sa suite, son fils va tenter de retrouver aussi la jeune fille, devenue mère, mais sa quête à lui va lui ouvrir les yeux, le déniaiser sur la complexité du monde.

Un film magnifique, complexe et intelligent sur un sujet casse gueule dans l’époque actuelle. C’est aussi le résumé de ces dernières décennies entre aveuglement et hystérisation du monde…oublieux que nous sommes que derrière les anathèmes et les mots d’ordre, il y a des destins individuels parfois plus complexes qu’on ne l’imagine derrière nos bonnes œillères….

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