Marisha Pessl – La physique des catastrophes (trad. Leatitia Devaux) – Folio

9782070361311Un roman d’apprentissage foisonnant, un peu bordélique et pas outrageusement novateur. Une fable sur le destin toujours à l’affût et un récit qui part dans tous les sens sans beaucoup de structure ou de maîtrise. Cela semble séduisant au départ c’est rapidement lassant.

L’auteur est cultivée et aime à le faire savoir, on retrouve tout au long de la narration par Bleue Van Meer, la longue et très éclectique liste de ses lectures depuis sa petite enfance: de la philo, du roman, de la socio, de l’histoire, de la botanique, de la science, bref un lourd vernis qui sert ici ou là de « bullet proof » à un propos d’ado en quête.

Ce long et pesant roman d’apprentissage se targue d’avoir son petit côté thriller, quand la narratrice décide d’enquêter sur la mort de sa prof chérie, une sorte de Mr Keating au féminin en beaucoup moins drôle, entourée d’une bande de jeunes gens assez désagréables. Pendant les trois premiers quarts du livre on suit péniblement les aventures de Bleue avec ses profs qui moquent son prénom, avec son père sorte de charlatan au savoir encyclopédique et aux moeurs légères, puis sa rencontre avec Hannah/professeur Keating et un groupe de jeunes gens très impressionnés par la belle professeure, beaucoup plus sceptiques vis à vis de Bleue. Des premières cuites à la retraite dans les bois, tout le roman d’apprentissage est là, mais tellement lourdement charpenté, tellement rempli de tics et de tocs du genre que la lecture devient rapidement assez pénible quand on a passé la quarantaine.

Le dernier quart se targue du genre thriller est tellement mal construit qu’on ne croit jamais aux rebondissements ou découvertes. Si mes souvenirs sont bons, dans les années 2000, quelques romanciers américains comme Kennedy ou Barnes ont redecouvert les mouvements radicaux américains des années 70 et en ont fait des romans bien construits sur la manière dont le passé s’invite brutalement dans la vie bien rangée des anciens « terroristes ». Malheureusement Marisha Pessl, si elle a beaucoup lu, n’a pas bien digéré ses lectures et livre une interprétation aussi lourde et tarabiscotée de cette page américaine des années 70.

Bref, pas grand chose à sauver dans ce roman, qui n’a jamais la légèreté du vol du papillon. Et le moins qu’on puisse dire est que la romancière a du mal à gérer la métaphore de la catastrophe qui vient….

Sur le site de Télérama

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