Isabelle Mons – Femmes de l’âme – Payot

Un essai tout à fait formidable pour nous rappeler qu’avant que cela ne devienne une évidence, des femmes venues de tous les horizons européens ont investi les universités, les champs du savoir, pris possession de leurs destins avec ou contre les hommes et accompagné les formidables évolutions du début du XXè siècle. Nous savons à quel point il est difficile pour nous et nos filles de trouver de grandes figures à identifier pour avancer fièrement dans la conquête de notre égalité pleine et entière, Isabelle Mons nous en propose 14. Les pionnières de la psychanalyse n’ont pas seulement suivi le mouvement, elles l’ont accompagné, soutenu, parfois à bout de bras, tranformé pour y inclure ce continent noir et méprise, celui de la psyché féminine.femmes de l ame.indd

Qu’il s’agisse de l’enfance, de la sexualité, de la maternité, de la place de la femme dans le couple, elles ont chacune à leur manière attaquer des siècles de misogynie pour forcer les lourdes portes dressées entre elles et l’indépendance. Isabelle Mons nous ouvre les vies de ces pionnières, elles nous montrent leurs errances, leurs difficultés, mais surtout leur indéniable force. Elles s’affranchissent des règles qu’on impose aux femmes mais elles ne peuvent les oublier totalement, d’où la nécessité de leurs travaux analytiques, d’où leurs propres questionnements et parfois les tragiques échecs qui conduisent certaines d’entre elles à choisir la mort.

Pour moi qui ne suit pas totalement persuadée par les théories psychanalytiques, il y a un bémol à cette belle aventure. Ces pionnières ont été, se sont cantonnées aux recherches liées à l’enfance et la maternité, deux éléments qu’elles ont toutes jugées central dans la vie d’une femme. Peut être la preuve que décidément la psychanalyse ne peut être séparée de l’environnement et du temps qui l’ont vue naître. Le problèmes posés par les rapports entre les sexes dans ce temps et cet espace particulier demeurent une sorte d’impensé de la psychanalyse qui ne parvient toujours pas à renouer avec l’animalité d’homo sapiens et se gargarise de la découverte du peau à peau entre le bébé et sa mère pour aider à guérir…..

Bref une belle aventure humaine, une preuve que les femmes n’ont heureusement pas attendu qu’on les autorise pour descendre dans l’arène des savoir.

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