Dominique Segalen – Maria Pognon, une frondeuse à la tribune – Editions Detrad

1540-1L’Histoire a longtemps été  injuste avec nos soeurs en humanité. Elles n’ont longtemps été que des saintes, de « grandes horizontales », des reines horribles ou piteuses, hystériques toujours et quelques personnalité hors norme comme Marie Curie ou Louise Michel. Si injuste qu’il a fallu que des historiennes montent à l’assaut de l’Histoire masculiniste avec le désormais classique Histoire des femmes en Occident dans lequel Michelle Perrot et Georges Duby rappelaient en cinq volumes que la moitié de l’humanité ne peuvent être définitivement rayer des cartes. L’aventure s’est poursuivi avec des grandes plumes et voix telles celles d’Arlette Farge ou de Geneviève Fraisse et tant d’autres recentrant enfin l’Histoire sur un juste partage présentiel.

L’Histoire de la maconnerie n’a pas échappé à ce grand mouvement. Malgré quelques résistances de la part d’une vieille garde qui a un mal fou à penser l’égalité réelle dans la différence des genres, nous avons enfin accès à des textes biographiques sur celles qui ont forcé pendant près d’un siècle et demi la longue et toujours en cours bataille de la reconnaissance par nos pairs.

Dominique Segalen livre un portrait sensible et très détaillé de la féministe radicale, journaliste et membre fondateur de la première loge mixte, Maria Pognon. Si on connait assez bien Maria Deraismes notamment pour son engagement dans l’éducation des filles, bien d’autres femmes ont participé entre la fin du XIXè et le début du XXè au combat des femmes pour la reconnaissance sociale, l’égalité salariale (déjà!), et l’émancipation. Une lutte qui s’est incarnée par le combat contre le Code Civil ce torchon napoléonien qui brisa définitivement l’élan féministe déjà bien malmené par les révolutionnaires.

Outre le fait de découvrir une nouvelle égérie de la longue guerre contre l’oppression des femmes, cette biographie, par la richesse de ses sources nous permet de comprendre les difficultés auxquels ces femmes de caractère se sont affrontées. Face aux hommes bien sûr, ces politiques, échotiers accrochés à leur piteux privilèges et à leur goût fondamental pour l’inégalité et le mépris de genre, mais également face aux femmes qui soit voyait dans ce combat une menace pour leur « sécurité », soit celles qui politiquement associés aux socialistes ne comprenaient pas que l’esclavage des femmes était aussi le fait des prolétaires, les hommes pauvres n’étant guère plus ouverts à l’égalité que leurs congénères des hautes sphères.

Une biographie bienvenue donc et surtout une pierre à apporter à ce nouvel édifice d’une Histoire Humaine et plus seulement masculine…. Bravo

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