Louis-Ferdinand Céline _ Emmanuel Bourdieu

Ce qui se passe quand on joue avec une matière aussi inflammable que l’écrivain antisémite et collaborateur Louis Ferdinand Céline, c’est qu’on se brûle avec une certitude de 100%. Emmanuel Bourdieu joue et se perd dans un film sommaire et caricatural où un petit juif américain, archétype du benêt trentenaire plein d’illusions, sorti directement de son université bien proprette, se confronte avec le monstre des Lettres françaises, l’homme qui révolutionna un style et se vautra avec  beaucoup de constance dans la médiocrité antisémite la plus crasse. Le combat est d’autant plus ridicule que le personnage de Céline, interprété par Denis Lavant en fait des tonnes dans le style Céline hystérique et grossier, c’est à se demander si on ne nous parle pas de Pantagruel.

Entre les deux, Lucette Céline, coiffée comme Simone de Beauvoir, cherchant à cacher sa propre haine antisémite jusqu’à cette scène dantesque de la danse juive dans les bois danois plongée dans une nuit froide.

Le personnage de Céline est suffisamment antipathique pour qu’on rajoute pas dans une mise en scène pathétique.

Curieusement Denis Lavant avait été beaucoup plus rationnel et contenu lorsqu’il avait joué Céline sur scène. C’est à se demander si le sujet n’a pas fait si peur à Emmanuel Bourdieu qu’il n’a pas trouvé d’autres voix que celle d’une mascarade grotesque.

Sur le site de Télérama

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