La passion d’Augustine – Léa Pool

L’église est à l’honneur au le cinéma ces derniers temps. Que ce soit pour en dénoncer les dérives pédophiles ou pour en regarder les côtés étonnement libérateurs, il y a une veine pleine de nuances et de finesse qui courent chez les réalisateurs.

Dans ce film canadien, réalisée par une suissesse, on retrouve l’Eglise québécoise au moment où l’Etat décide de reprendre en main l’éducation nationale longtemps dévolue aux églises. Le combat est, comme toujours dans ces cas-là, acrimonieux et polémique et il cache les multiples nuances qui sous-tend tout système. Le bon et le mauvais se côtoient, le formidable et l’atroce également.

Ici, Léa Pool choisit de nous montrer le combat d’une mère supérieure passionnée de musique classique, passionnée d’égalité, passionnée de beauté, qui a pendant plusieurs décennies, permit à des jeunes filles de tous milieux d’accéder à l’excellence musicale et à une forme de liberté dans l’art. Contre elle, les laïcs persuadés que la grande musique est affaire de bourgeois, les nouvelles autorités religieuses pressées de rejeter les filles dans le public pour sauver les garçons de la chute dans le monde séculier. Pour mener son combat, elle s’appuie sur une arme très à la mode dans les années 70, la médias et sur un vieux ressort toujours très efficace la vanité des plus riches.

Le film est beau, féministe, brillant et tendre. Les nuances permettent de comprendre que dans toutes communautés humaines, il y a au delà du bien et du mal, les multiples petites blessures, fragilités et forces de chacune et chacun. Que l’amour et l’affection se cachent parfois plus sûrement sous des voiles de « veuves du XVIIIè siècle » que dans bien des discours plein de componction humaniste.

Il y a des moments bouleversants dans ce film, comme ces chorales où les élèves déclarent avec art leur amour pour Schubert où lorsqu’une soeur analyse leur jeu avec beaucoup de bienveillance et d’enthousiasme. Oui, la beauté et la grâce vont avec la nuance et l’intelligence des propos et en ces périodes furieusement modernes de petits formules sans grâce et de dégueulis émotionnels permanents, il fait beaucoup de bien.

Sur le site de Télérama

 

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