Ruwen Ogien – Mon dîner chez les cannibales – Grasset

On se souvient tous de ce moment lors de la rencontre avec Montaigne où l’on découvre ce que l’autre veut dire. Ce que le respect de l’autre peut avoir de complexe et d’essentiel et l’importance absolu de regarder dans le blanc des yeux les limites de notre propre « humanité » ou « civilité ». Partant de ce constat Ruwen Ogien rassemble les diverses chroniques faites dans divers médias autour du relativisme culturel et moral.

Ce qui est intéressant dans ce travail c’est le sens de la mesure, la remise en cause de la philosophie comme ultime phénomène de la pensée. Elle ne peut rendre compte de la réalité qu’en liaison avec les autres sciences humaines – ceci est valable d’ailleurs pour toutes les composantes de ces mêmes sciences humaines.

Confrontant sa pensée au réel et souvent au réel sexué et sexuel: procréation, pornographie, mariage, mais également suicide assisté, avortement sont abordé ici sous l’angle du minimalisme moral. Une vision qui en choquera certains mais qui a l’intérêt de rappeler qu’à trop s’occuper de ce qui se passer dans le cul et le con des individus, dans leurs viscères ou dans leur regard sur la mort, on oublie de s’occuper de ce qui aujourd’hui fragilise vraiment les femmes et les hommes, l’économie libérale sans règle, ni norme.

Passionnant et très stimulant.

Sur le site de Grasset

 

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Liad Shoham – Terminus Tel-Aviv (trad. Jean-Luc Allouche) – Les Escales Noires

9782365690430Enfin sorti de la catégorie « roman de gare », le polar a saisi ses lettres de noblesse par la formidable faculté de son auteur à révéler les zones d’ombres, les fautes profondes et les vilaines cachotteries des sociétés plus ou moins démocratiques. On sait le succès toujours vif des polars nordiques qui ont ecorné l’image idylliques des démocraties si parfaites du nord de l’Europe, les libraires vantent les analyses fines et décalées des auteurs francophones et le polar américain a ses papesses en tailleurs chanel. Rejoignant ce club fort bien fréquenté, les écrivains israéliens se saisissent désormais du genre et révèlent ainsi une image plus sombre et moins politiquement correcte de la société hébreue.

Dans ce deuxième roman traduit en France, Liad Shoham, avovat de son état, nous fait découvrir un pan compliqué de l’histoire contemporaine israélienne, pan que les médias internationaux révèlent depuis quelques mois, la difficile cohabitation des juifs avec des migrants venus d’Ethiopie et d’Erythrée. Comme en Europe le facteur migratoire permet à des hommes politiques de petite vertu et à la veulerie des masses de se révéler dans toute leur horreur. Mais loin de se livrer à un simple exercice humaniste, Liad Shoham montre le visage immonde des profiteurs de la misère humaine.

Dans ce trou puand du monde des hommes, une femme tente d’imposer une voix de probité. Afin de trouver le meurtrier d’une jeune activiste du droit des plus faibles, la jeune policière Anat Nahmias va lutter à la fois contre sa hiérarchie et contre les criminels, contre les politiciens et contre tous ces petits mâles agressifs qui fondent la société israélienne. L’auteur tape fort dans ce polar, rappelant que le racisme et le sexisme marchent main dans la main dans la société israélienne. Une réalité que de nombreux journalistes en Israel et ailleurs ont déjà pointée, dans cette société où la fureur guerrière façonne l’idéal d’un mâle braillard et agressif et de femmes toujours soumises.

Oui, il y a du génie dans ce polar, pas tellement dans le style, on n’innove jamais vraiment dans ce domaine depuis nos grands classiques, mais bien dans cette attaque en règle contre une société pour le moins peu reluisante. On attend désormais la même liberté et la même intransigeance dans la littérature des pays arabes de la région. Oui, Israel a bien des défaut, comme la Suède, la Norvège, le Danemark, la France, les Etats Unis ou l’Italie, mais au moins là-bas, on trouve des écrivains pour les dénoncer. A quand la dénonciation des crimes racistes et du sexisme en Arabie Saoudite, en Egypte, en Palestine ou au Qatar?…

Sur le site de l’éditeur

Tous écolos?

On aurait pu imaginer après la catastrophe en cours au Japon, après la prise de conscience et les actions de préventions en Allemagne et dans l’UE, que la classe politique française fasse front – surtout après les lamentables communications de Besson et de NKM au début du drame japonais – et reconnaisse enfin la dangerosité d’une énergie dont le moins qu’on puisse dire est qu’on est incapable de mesurer les risques.

Mais c’était sans compter l’incroyable lobbying des industries liées au nucléaire en France, EDF et Areva, dont on connait la responsabilité dans le non développement, voire la destruction des entreprises engagées dans les énergies renouvelables. La Lauvergeon qui s’est une fois de plus décrédibilisée à la télé, le Proglio d’EDF ont fait leur boulot et on a assisté à une scène incroyable au Sénat: la droite, le centre et la gauche, unis contre les écolos, accusés – excusez du peu – de se servir du drame pour leurs intérêts personnels!

A ce niveau de bêtise et de propagane, on ne peut tirer qu’une conclusion, 2012 devra être l’année du grand ménage. Si les citoyens de ce pays sont prêts à parier la vie et la santé de leurs enfants sur les promesses, coups de menton et les haussements d’épaule de Sarko, de Proglio, de Lauvergeon et de la clientèle de l’industrie nucléaire à gauche comme à droite, alors votez traditionnel et faites commes les japonais, attendez la catastrophe; ou comme les américains qui viennent de découvrir que leur centrale californienne, celle qui se trouve sur le faille de San Andreas ne résistera pas à un tremblement de terre de + de 7 sur l’échelle de Richter.

Cela fait plus de 30 ans que les écolos avertissent du danger du nucléaire et surtout de la méconnaissance totale des degrés de résistance de nos infrastructures. Chaque catastrophe apportent son lot de connaissance nous dit on, génial, attendons donc le prochaine catastrophe pour tirer de nouveaux enseignements et continuer à enterrer les morts et regarder les malades crever comme des rats de laboratoires. Depuis 30 ans les écolos demandent que les autres énergies bénéficient du même niveau de recherche et de développement. Au lieu de ça les gouvernements français ont choisi de soumettre tout un pays à une énergie: 80% de l’électricité provient du nucléaire, avec un parc vieillissant voire obsolète. L’argent qui aurait dû servir à la recherche et au développement du solaire et de l’éolien ont été détourné au profit du nucléaire. Et ce SANS aucune concertation avec la société civile.

2012, nous, citoyens, avons l’occasion de faire savoir que ces manipulations et ce clientélisme doivent cesser. Il ne s’agit pas de fermer les centrales demain matin, mais de donner enfin les moyens de développer toutes les énergies renouvelables afin de donner à la France, une VERITABLE indépendance énergétique, car avant qu’on puisse détruire ou détourner le soleil, arrêter le vent ou brider l’émission de chaleur issue de la terre, il faudra faire péter la planète.

Ni gauche, ni droite, désormais, ce sera l’écologie!

NON AU GAZ DE SCHISTE

Le gaz de schiste n’est pas une solution à notre dépendance énergétique vis à vis du pétrole, c’est un crime, un crime contre nous, chacun de nous, contre notre environnement. Il est de bon ton d’accuser les écolos d’être des propagandistes du malheur et du retour à la vie dans les cavernes, d’être des Cassandre. Mais rappelons que Cassandre avait raison et que Troyes fut rasé jusqu’aux fondations!

NON AU GAZ DE SCHISTE, NON à GDF et à TOTAL et à leurs affidés, NON au racket organisé par des entreprises dont le seul intérêt est plus de pognon pour leurs actionnaires et jamais plus pour les poches de leurs salariés.

Petit message à destination de Danielle Sallenave qui est venue faire son petit caca nerveux anti écolo sur France Culture ce matin: On parle de moralisme écolo, on reproche aux écolos de manipuler les enfants! Il est certain qu’il faut mieux leur apprendre à devenir de parfaits petits esclaves du capitalisme, à se soumettre aux volontés des patrons et à admettre qu’ils ne sont rien d’autre que des consommateurs, des ventres à remplir et des forces de travail corvéables à merci! Il vaut mieux leur apprendre à gaver leur organismes de saloperies et leur apprendre à jeter sans conscience, ce qu’ils ne veulent pas, parce qu’il ne faut pas les inquiéter les chers petits. Elever un enfant, ce n’est pas seulement lui enseigner le français et les maths, c’est aussi lui enseigner comment vivre dans  et avec son monde, environnement compris!!! Personne ne demande aux enfants de dénoncer qui que ce soit, juste de vivre avec leur temps et de prendre part à leur monde…

Quant à la comparaison écolo et fascisme, elle n’insulte que les abrutis qui l’utilisent et rappelle l’accusation d’antisémite balancée à tous ceux qui osent dire que l’Etat d’Israel n’est pas parfait et que le CRIF est une organisation bien peu respectueuse de la liberté d’expression de tous.

C’était pourtant dans l’air dès le 3 mars…

 Pourtant ils avaient annoncé la couleur sur le plateau de C dans l’air, alors qu’on ne vienne pas nous dire que le sondage du Parisien est aberrant. On retrouve dans ces cris d’orfraies et de défiance, ce que les médias disaient déjà en 2002, lorsque quelques « alarmistes » annonçaient Le Pen au premier tour. Le résultat fut une gueule de bois.

Ceux qui forment le noyau dur du Sarkozysme aujourd’hui en dehors de sa clientèle affairiste, sont bien ces petits vieux aigris qui voient des rastaquouères partout et des jeunes qui leur font peur. En portant le fer dans ces plaies purulentes, Sarko s’offre la tranquillité sur les affaires judiciaires de ces nouveaux ministres, sur l’échec patent de sa politique économique et sur le nouveau cadeau fiscal à ses potes du CAC 40.

Cela ne dédouane pas les 25% d’abrutis qui ont voté Sarko en 2007 sans même avoir lu son programme, juste parce que Sarko leur promettait des économies d’impôts, ceux là doivent juste aller se pendre.

L’année qui vient sera laide, lamentable, puante et il se pourrait que la victime collatérale de cette campagne crasseuse soit la démocratie. Notre identité grecque, passée, rappelons le par Bagdad pour sa redécouverte dans la seconde partie du Moyen Age, nous a pourtant appris que la démocratie a deux ennemis mortels: l’oligarchie et la tyrannie. Les deux marchent souvent ensemble avant de s’entre tuer.