Five _ Igor Gotesman

Un film de potes surtout lorsqu’il est le fait d’une bande de potes dans la vie réelle a de fortes chances de tourner à la private joke qui n’intéresse que les initiés. Heureusement pour moi, celui-ci est effectivement drôle, dans le style potache et joliment mis en scène. On retrouve l’humour un peu décalé de Casting et même s’il ne s’agit pas de la comédie du siècle, et que cela n’a ni la finesse, ni l’élégance des comédies américaines avec Catherine Hepburn et Cary Grant, cela reste un joli moment de détente.

Pierre Niney est parfait dans le rôle du fils à papa, piégé dans son mensonge. Avec son acolyte François Civil dans le rôle du parfait débile, il mène la petite bande vers la catastrophe finale avec beaucoup de constance. Tout est parfaitement calibré et calculé pour faire rire toutes les générations. Et ne boudons pas, il y a tellement de comédies ratées et débiles sur les écrans de France et de Navarre ces derniers temps, que celle-ci a le mérite de relever le niveau.

Alors plutôt que l’inepte visiteurs 3, soutenez la jeune scène cinématographique française, cela aura le mérite de nourrir des gens qui bossent un peu.

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Rosalie Blum – Julien Rappeneau

Un de ces moments de bien être qui sont devenus si rares qu’ils sont presque une mesure de salut public. Un film doux, délicat, léger comme une bulle de savon. Une réalisation qui allie la délicatesse de la caresse de l’aile du papillon et la légère amertume du temps qui passe et qu’on sait perdu à jamais.

Le film de Julien Rappeneau met en scène deux superbes actrices formidables, généreuses et nuancées. J’ai été moins séduite par Kyan Khojandi que j’ai trouvé assez niais. Et il faut surtout saluer la prestation de la mégère mère du héros, Anémone, géniale dans sa vilenie.

Des histoires simples, des rencontres de hasard permettant de retisser du lien distendu et de reprendre le chemin un peu cabossé de la vie. Rien n’est jamais parfait et ce n’est pas grave finalement pourrait être la morale de cette jolie histoire. Sans prétention certes, mais pas sans éclat.

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DieuMerci! _ Lucien Jean-Baptiste

Je ne suis pas une grande fan de la comédie à la française, qui me semble soit d’une insondable stupidité, laide à regarder et laide à penser. Mais voilà, un après-midi dépressif et hop le seul film dispo au moment où j’entre. Et là…. le simple moment de bonheur. La douceur d’un film intelligent, humain, créatif et gentil… oui gentil, ouvert et généreux.

Je ne connaissais pas Lucien Jean Baptiste et je découvre un acteur formidable et un homme capable de montrer un Paris métissé, gai, léger, un monde ouvrier âpre mais où l’on peut s’arrêter quelques minutes pour regarder un couple improbable jouer la scène du balcon de Roméo et Juliette.

Aucun cynisme, aucune volonté de faire oeuvre, juste le désir de rappeler que la réalité c’est aussi des gens improbables qui se retrouvent dans des endroits improbables à des moments improbables et qui peuvent s’entendre, se comprendre, s’aimer ou pas, mais sans haine et sans pathos.

Les acteurs sont formidables, notamment la formidable Firmine Richard, dans le rôle de la mère aimante, simplement bonne, simplement, merveilleusement humaine.

Un film « feel good » qui fait du bien dans cet environnement de rageux, haineux, crasseux racisme et capitalisme sauvage. Ce n’est pas la réalité? Et bien qui sait… qui sait si derrière la « réalité médiatique », il n’y a pas des tas de Dieumerci, Clément, Brigitte, Marc, Daniel, Oudesh, des gens bien…. dieu, merci 😉

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Encore Heureux -Benoit Graffin

Une comédie sans prétention, sans engagement politique, sans grande théorie, bref

juste une comédie à la française.

Et c’est sans doute là que réside son seul intérêt. Elle se limite à n’être qu’une bluette pour distraire le travailleur de sa journée de labeur. Elle ne montre aucune réalité, elle fait jouer des acteurs sympathiques, donnant l’impression d’être proches de chacun de nous.

Les mauvais coucheurs lui reprocheront de ne pas montrer la brutalité de perte de l’emploi, la déréliction du couple et de la famille, la peur de manquer, la peur du déclassement puis la peur panique de finir  à la rue. Mais le fait est que le cinéma parfois n’a pour but que de faire oublier le quotidien un peu gris. Et ici la beauté solaire de Sandrine Kimberlain, la grâce infinie et la folie douce d’Edouard Baer, le jeu précis des deux enfants font rire, un rire un peu mélancolique devant les loufoqueries de Baer, devant la possibilité si lointaine semble-t-il de se moquer de tout avec douceur: de la richesse, de la mort, du conformisme, de la fidélité, de la morale.

Encore heureux…. oui un peu parfois, mais pour combien de temps encore?

 

Cinéma – Lolo (Julie Delpy)

J’allais voir ce film plutôt conquise par l’excellente campagne de promo réalisée sur quelques médias bien connus. Et décidément soit je suis totalement obtue et fermée à la comédie française, soit elle n’est simplement pas drôle.

Succession de situations ratées, de blagues potaches et de pitreries niaises du couple Lacoste/Boon, ce film aborde pourtant un sujet intéressant, la relation mère/enfant toxique. Julie Delpy tente une approche décomplexée et humoristique d’une situation que certaines femmes affrontent dramatiquement, mais l’humour tombe à plat. Peut être une erreur de casting. Peut être que Lacoste est trop vieux pour que ce soit crédible et que Boon est définitivement peu crédible quel que soit le film.

Les femmes du film, Karine Viard et Julie Delpy sont très bonnes, mais cela ne suffit pas à sauver le mauvais casting masculin. Et malheureusement, à la différence des comédies anglaises, l’outrance et la caricatures sont ici insupportablement tartes et lourdes. Rien à sauver donc malheureusement pour la sympathique Julie Delpy.

Cinéma – Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu

Bon, soit je n’ai pas d’humour, soit je suis une indécrottable pessimiste, en mode intello coincée, soit ce film est un énième navet de la veine « humour à la française » qui est surtout un condensé de clichés merdiques et de bons sentiments insupportablement tartes. Personnellement, parce que je m’aime bien, j’aurais tendance à partir sur la troisième hypothèse (et un peu sur le première aussi), à regret car j’appréciais beaucoup Chantal Lauby. Malheureusement les naufrages de l’âge font qu’on passe d’une minette drôle et impertinente dans les années 80 à une vieille peau bien sous rapports trente ans plus tard.

Outre l’absence tragique de contenu, les acteurs sont d’une médiocrité à pleurer. Cela ne doit pas être si simple de jouer les nunuches idiotes amourachées comme une seule femme de « représentants de la diversité ». Finalement la seule bonne phrase de ce film est la moquerie d’un copain cul-béni du couple papa/maman, « regarde c’est la famille Benetton ». Malheureusement pour le metteur en scène, Philippe de Chauveron, dont la filmographie contient des trésors du cinéma national tels que La Famille Ducobu ou Les Seigneurs, Benetton n’est plus ni tendance, ni « hip » depuis le milieu des années 80.

Mais interpréter des « représentants » des minorités visibles machistes, crétins, beaufs ne doit guère être plus simple, car le naufrage des acteurs masculins de ce navet est digne du Titanic. Chantal Lauby nous vantait en promo un film drôle, « pas prise de tête », c’est un film bête, sans queue ni tête.

Cinema – Je fais le mort

Vu ce film à cause d’un colis piégé en gare RER de Nanterre et j’aimerais dire à l’abruti qui a paumé ses courses de noel et provoqué les deux heures de chaos qui m’ont conduite dans cette salle de cinéma que si je le retrouve je lui fais bouffer des batons de ski jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Je n’ai peut être pas la bosse du rire, mais ce navet sinistre n’est qu’un amas de gras et de niaiseries, de cabotinage et de direction d’acteur exécrable. Une succession de sketchs débiles, de mimiques lamentables. Une histoire abracadabrantesque dans la poudreuse où on sent aussi mal que dans un oeuf pendant une tempête ou après un abus de vinasse tiède et de bouillasse fromage fondu/pain dur. Rien à sauver dans cette ineptie. A éviter absolument