Documentaire – Poétique du Cerveau – Nurith Aviv

Un documentaire magnifique et élégant de la photographe et cinéaste Nurith Aviv qui continue à explorer la langue et cette fragile interaction entre les humains … enfin entre certains. Elle interroge des scientifiques dans différentes spécialités liées au cerveau et à cette capacité particulière du langage et nous propose ainsi un voyage merveilleux dans cet espace si proche et si peu connu de l’art de communiquer….

A partit de son passé, de ses souvenirs d’enfance, Nurith Aviv nous propose de découvrir comment se fabriquent les souvenirs, comment le langage et le cerveau agissent de concert pour permettre aux humains de communiquer et de vivre aussi pacifiquement que possible.

Elle revient sur une découverte extraordinaire, les neurones miroirs qui font que non seulement nous ressentons nos émotions mais également ceux des autres que nous ne soyons témoins ou que nous entendions ou sentions seulement. Car même si nous l’avons un peu oublié, l’odeur est un sens particulièrement actif. Je ne sais pas si les propos du chercheur se vérifient, mais il semblerait que des molécules odoriférantes se dégagent des larmes « émotionnelles » et que cette « odeur » fait baisser le niveau de testostérone et donc d’agressivité. On voudrait que ce soit vrai, malgré les faits qui chaque jour nous montrent le contraire, mais l’idée est belle, poétique….

Et c’est toute la valeur du travail de Nurith Aviv, cette façon humaniste, poétique, intellectuelle et sensible de raconter ce qui nous rapproche dans les méandres de cet organe si complexe et si peu connu qu’est notre cerveau.

A découvrir sur France Culture

 

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Documentaire – Le bouton de nacre (Patrizio Guzman)

Le saviez vous?

on a découvert dans le désert d’Atacama un quartz dans lequel est coincé une petite goutte d’eau qui va et vient dans la pierre.

il existe de l’eau partout dans l’espace, sous forme gazeuse ou solide ou liquide.

sans eau, aucune vie possible. sans rencontre entre l’eau venue de l’espace et la planète en fusion, la terre serait vide.

avant l’arrivée de l’homme blanc les premiers habitants du Chili étaient résolument tournés vers la mer, naviguant d’île en île pour trouver leur eau et leur nourriture.

L’eau, sa mémoire, son omniprésence, son chant accompagnent ce documentaire, qui a la suite de « Nostalgie de la Lumière, raconte le Chili moderne et son histoire tragique.

Guzman prend ce nouvel élément fondamental, l’eau, pour raconter l’Histoire des indiens de Patagonie, ces populations résolument maritimes, allant et venant sur leurs pirogues. Les colons blancs chassèrent les indiens, détruisirent jusqu’à leur mémoire même au Chili, ainsi il ne reste que 20 locuteurs des langues indiennes vieilles de plusieurs milliers d’années. Ces prémices permettent ensuite au documentariste de revenir à un sujet qu’il continue à interroger: la dictature de Pinochet. Il fait un parallèle entre l’extermination des indiens et celles des opposants à la junte militaire. Par le biais de deux histoires de simples boutons, il raconte la défaite des innocents et l’impunité des bourreaux.

Le travail de Guzman oscille entre poésie métaphysique et blessure intime et on est happé dans ce mouvement limpide. L’eau qui porte la voix des disparus nous emporte dans ce passé tragique et dans notre tragédie à venir. Que ferons nous quand nos océans seront déserts, sans vie, sans bruit autre que celui de nos machines de mort? Y aura t’il encore une place pour un témoignage du temps où l’eau était au cœur de nos vie? Le bouton de nacre est un documentaire magnifique, un moment de pur grâce tant dans sa forme que sur le fond.