Le fils de Joseph – Eugène Greengnè

Un film formidable, délicieusement désuet dans sa langue, d’une beauté plastique à tomber avec une photographie totalement maîtrisée, des jeux de lumières, évoquant les grands peintres baroques et une critique acerbe du milieu littéraire qui fera rire les amateurs du genre.

Cinq chapitres, cinq épisodes bibliques pour raconter la construction d’un jeune homme, enfant perdu sans père, découvrant la réalité du monde et choisissant par le biais d’une rencontre miraculeuse la voix de la bienveillance et de l’amour.

Dans un premier temps, il faut le reconnaître, la préciosité du langage, avec ses liaisons partout, tout le temps, choque un peu l’oreille moderne, et puis assez vite, on comprend le parti pris, et il s’inscrit parfaitement dans l’esthétique et le rythme du film. On dépasse l’artificialité du procédé pour être séduit par la délicatesse de l’histoire.

L’humour n’est jamais loin dans cet apprentissage notamment dans le traitement du petit monde littéraire. Eugène Green s’amuse avec les noms pour dénoncer avec une douce cruauté l’insipide petit monde germanocrétin, pardon germanopratin.

Beau, élégant, éloquent.

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