Le billet d’humeur de Sophia Aram – de l’honneur

Phrase du jour: « Il vaut mieux rien vendre du tout que de vendre son honneur ».

Une nouvelle pierre dans le jardin d’une diplomatie française parfaitement inepte.

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Un été avec Proust – France Inter/Equateurs parallèles

« la lecture est une amitié »

41SkpohPUZL__Petit objet marketing qui permet à la radio publique de tirer encore un peu le succès des émissions de l’été dernier. Un exercice très à la mode, puisque tous les producteurs et animateurs un peu capés le font régulièrement. Ceci dit, l’ouvrage est sympathique et permet de se replonger à loisir dans les analyses d’écrivains et de philosophes sur un auteur majeur, mais un peu effrayant du panthéon national. Car comme chacun sait, tout le monde connait Proust, comme on connait les sommets de l’Himalaya, peu nombreux sont ceux qui ont tenté l’aventure. Ce que ne précise pas le petit ouvrage, c’est que le premier contact avec le divin auteur de la Recherche, sur les bancs d’un quelconque lycée, est pour le moins chiantissime, sauf à avoir eu la chance de tomber sur un prof de français passionné et passionnant pour qui le rocher Proust est une occasion de se dépasser.

Une fois dépassé le côté marketing de la chose, la lecture de ce petit ouvrage rassemblant les opinions des uns et des autres est assez agréable. Une courte présentation, un court texte d’analyse et un extrait illustratif pris dans l’oeuvre de Proust. Un exercice de style scolaire mais efficace. Huit courts chapitres pour résumer les milliers de pages de la Recherche semble une gageure, mais le résultat final est assez réussi. En grande partie parce que la radio laisse des traces indélébiles dans la mémoire, les sons, les voix, les rythmes offrent un écrin accueillant aux écrits de Proust. Une littérature à dire, pas à déclamer, mais à dire dans l’intimité d’une solitude choisie, en savourant le rythme quasi hypnothique de la prose proustienne. Le temps, les personnages, le monde proustien, l’amour, l’imaginaire, les lieux de la Recherche, les liens avec les philosophes et les arts, chacun des thèmes abordés se disent dans le huis clos d’une chambre, d’un salon ou sous les frondaisons d’un arbre centenaire.

La Recherche est une merveille parce qu’elle est la plus parfaite image, la plus complète d’une Belle Epoque dont nous regardons les photos chez nos grands parents ou chez les brocanteurs. Ce monde mort depuis si longtemps, dont les couleurs passées attirent notre oeil et nous laissent fascinés est tout entier dans le grand oeuvre de Proust. On y voit la légèreté, l’ennui, la pédanterie, la chape de plomb sociale et les tentatives pour s’en affranchir. La Belle Epoque ce sont les ultimes lueurs d’un monde prêt à se fracasser dans la boue des tranchées.

Même scolaire, même marketé, Un été avec Proust, c’est un moment de grâce, d’oubli et d’enfance heureuse. Une petite madeleine dont les saveurs touchent des zones maintenant presque disparues de nos mémoires… la mémoire fuyante du paradis perdu…..