En revue – La revue des deux mondes

55Un numéro qui comme celui sur Robespierre il y a quelques semaines me laisse un peu sceptique sur la manière. Je trouve de plus en plus artificiel et sans consistance cette opposition entre « conservateurs » ou « réactionnaires » et « progressistes » ou « gauchistes ». Nous ne sommes pas aux Etats Unis et cette éternelle querelle des anciens et des modernes me semble particulièrement peu intéressante à poursuivre. Aujourd’hui ce que j’attends du débat intellectuel français c’est qu’il me donne la possibilité d’entendre diverses voix, de lire différents points de vue afin que je me fasse mon idée. Et plus le travail des uns et des autres est bien fait, plus mon point de vue sera nuancé et donc construit et adulte. Donc je n’ai pas envie qu’on me prenne pour une andouille et qu’on me dise comment lire.

Malheureusement en donnant la parole à Laurent Joffrin, comme représentant de la pensée « gauchiste » et en lui tirant dessus avec beaucoup de constance après, le propos pourtant très intéressant de la revue devient partisan et un peu débile. J’avais ressenti exactement la même chose avec le numéro sur Robespierre dans lequel Michel Onfray servait d’idiot utile, son propos étant peu intéressant et créant un débat plus qu’artificiel.

Pour en revenir au sujet de la revue ce mois-ci, ‘les bien pensants’, honnêtement, quel est l’intérêt? Ce piteux débat qui agite nos médias, plus que le milieu intellectuel tellement plus nuancé et complexe, est sans aucun intérêt, sinon l’incapacité de certains à penser hors du groupe. Ce qui provoque un rire un peu moqueur quand on se rend compte que bien pensants et mal pensants sont en fait l’avers et le revers de la même médaille de médiocrité intellectuelle. Quand on n’a pas d’idée on crée du débat artificiel afin de permettre à l’aigreur des uns et des autres de se libérer.

Il est temps d’arrêter de penser en « bien » et « mal », degré zéro de la pensée, mais de permettre un débat pluraliste et respectueux. Diable, nous ne sommes pas dans une cour de maternelle, donc cessez de nous prendre à témoin de vos débordements égotiques. Si j’ai envie d’insanités de ce genre, le café du commerce et son outil moderne le talk show, nouveau salon de la crétinerie, me suffiront très bien.

Donc encore un effort pour redevenir des êtres pensants individuellement et pas en groupe sectaire.

Sur le site de la revue

 

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Dans la presse….

Intéressantes lectures dans trois revues riches de leur diversité;

53Robespierre se paie la Revue des Deux Mondes. Des portraits multiples d’une figure marquante et divergente de notre Histoire contemporaine. Démon ou héros, pourfendeur de l’ancien monde ou grand massacreur de l’idéal démocratique, difficile de se prononcer. Sans doute parce que, et c’est le premier enseignement de ces portraits à entrées multiples, la réalité est nuancée et loin des caricatures des pros et des antis. Ainsi le portrait le plus intéressant est celui de l’historien Thomas Branthome, qui s’appuie sur la chronologie et réussit l’exploit de sortir enfin l’homme d’Arras de sa gangue de Terreur… On regrettera, en tous cas moi, la présence d’Onfray et de Mélanchon qui jouent à merveille leur personnage et son donc ennuyeux comme la pluie d’automne.

Dans ce numéro de la revue, une belle interview d’Umberto Eco, toujours vif et léger, un être assez rare dans ces périodes d’intense sérieusité, maladie mortelle s’il en est.

Site de la revue

96-300x407Autre monde des Lettres avec Transfuge, toujours riche et éclectique. Un Adonis en guerre contre l’Islam malade de sa peste bigote, Nick Toshes et son art trash du roman de l’Amérique hors les murs, une chronique virulente de l’archi trendy Virginie Despentes et le cinéma avec des chroniques de l’exellentissime « Francofonia » ou très réussi « Madame Bovary ».

Site de la revue

12196287_10153755891721018_345838759417221120_nEnfin le hors série de Books qui nous donne à lire le marronnier de l’année philo avec l’éternelle question du rôle des philosophes. L’avantage c’est qu’on se promène un peu partout pour un tour de la question international, mais il reste souvent une impression de caricature avec du tout ou rien. Le manque de nuances dans les analyses est souvent assez consternant. Par ailleurs, les philosophes rassemblés ici sont les adorés du paysage médiatique, cela manque un peu de nouveautés et surtout de diversités. Bref, du pas mal, mais on tombe trop souvent dans la facilité, Dommage pour une revue qui sait pourtant ouvrir ses fenêtres sur les mondes….

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