Expositions du dimanche….

30_-_del_sarto_portrait_de_femme_avec_un_livre_555918_copieBalade parisienne entre les Portraits à la Cour des Medici au musée Jacquemart-André. Une jolie mise en scène du maniérisme italien et de ces portraits éminemment politiques par lesquels les Medici tentaient de reprendre en main la cité Florentine qui les avait chassé pour faire place au terrible Jérôme Savonarole et à ses prêches enflammés.  On remarque bien sûr l’air compassé des personnages, les visages presque inexpressifs tandis que le mouvement des mains racontent l’histoire de la passion pour les arts et la légèreté des temps pour la noblesse. Après les portraits d’Elisabeth Vigée Lebrun, cette exposition raconte aussi une histoire de la bonne société florentine du XVIè siècle.

C’est ensuite au musée Dapper que j’ai poursuivi mon périple avec la très belle exposition sur les chefs d’œuvre issus des collections du Musée. Un moment de pure grâce avec un art qui est à la fois un art de vivre pour les sociétés qui les ont crées, mais également une source formidable de modernité pour l’art occidental. Certaines formes se retrouvent dans l’art contemporain de Paris et d’ailleurs. Ouvragées ou brutes, la plus ancienne date du Xè siècle, ces œuvres rassemblées avec passion par Michel Leveau nous rappelle que l’Afrique Subsaharienne est une terre d’empires et d’art, loin des grossières caricatures des ignorants. Une exposition de première ordre.

Et pour finir quelques marrons glacés de chez Lenôtre parce qu’il faut aussi nourrir le corps et que la gourmandise de l’esprit comme du corps sont aussi le propre de l’honnête femme….

 

Expo – Elisabeth Louise Vigée Le Brun au Grand Palais

Evènement de l’automne parisien, la rétrospective enfin offerte à une des grandes portraitistes françaises. Elisabeth Louise Vigée Le Brun, très connue pour ces beaux portraits de la reine Marie Antoinette, a mis en image toute l’aristocratie pré et post révolutionnaire. Son œuvre est à la fois une merveille technique, travail très élégant sur la couleur et la lumière, joliesse des visages, goût pour le détail des toilettes, c’est également un moment d’Histoire de l’Ancien Régime et des grandes familles européennes.

En 130 tableaux on passe plus de trente ans d’Histoire européenne du costume et de la mode. Sujet frivole? Oui mais pas seulement car la mode est aussi un moment historique qui parle d’évolution des mœurs et d’un désir forcené de légèreté dans les moments brutaux de notre Histoire. affiche-elvb_pageexpo

Certes, la belle portraitiste n’est pas une fille du peuple et pas le moins du monde intéressée dans la mise en scène de ces millions d’êtres qui se sont mis en marche pour renverser le modèle ancien mais c’est aussi cela l’intérêt de cette artiste, elle représente à merveille le refus du changement et de l’abandon des privilèges de naissance.

A voir donc pour ce moment étrange arraché à la folle marche de l’Histoire, pour la beauté classique des traits, pour le travail sur la lumière et parce que la mise en scène des portraits presque toujours la même permet de voir le temps passé inexorablement.

Ces femmes qui ont réveillé la France – Valérie Bochenek & Jean-Louis Debré – Points

41QDIBonXQL__On entend encore trop souvent chez nos contemporains que les femmes n’ont pas de place dans l’Histoire, qu’elles ne sont pas des hommes de lettres, ni des hommes de sciences, ni des hommes de tête. Leur ventre, leurs ovaires, leur sentimentalité les empêchent d’atteindre la gloire et l’humanisme. Malheureusement pour nous, ces fadaises débiles ont encore court non seulement chez les sapiens mâles sans cervelle, mais également dans nos livres d’histoire, de littérature et de politique. On parle aisément  des putains glorieuses dont les cuisses grandes ouvertes ont accueillis de grandes idées révolutionnaires, on salue la mémoire de telles ou telles résistantes ou de quelques scientifiques, mais on note assez vite que ce ne sont que des exceptions, des « êtres exceptionnels » perdus dans les masses masculines dominantes.

Alors, lorsqu’une metteuse en scène et écrivaine et homme politique très connu dans le paysage politique français s’allient pour rendre hommage et publicité à vingt-six de nos concitoyennes, on a d’un seul coup l’impression que les choses progressent en terme d’égalité. Les femmes et les hommes peuvent découvrir que  dans tous les domaines, des femmes ont su prendre l’initiative et imposer de nouvelles organisations sociales, scientifiques, politiques, sociales. Il ne s’agit pas de prétendre que les femmes sont meilleures ou supérieures, simplement qu’elles font parti de la société civile et y ont une part active.

Ce qui désole, bien sûr, c’est la misogynie, la vulgarité des arguments masculins contre ces femmes, les petites peurs des piteux prurit de la domination masculine et de la séparation stricte des genre. Ce qui rend d’autant plus fier le lecteur qui regarde le courage, la force, l’engagement de ces femmes qui ont dû combattre la société pour révéler le talent des femmes et prendre la place qui revient de droit à toutes celles qui veulent changer leur monde.

Il faudrait faire une histoire du machisme pour révéler l’insondable et dramatique abrutissement dans lequel la domination masculine a maintenu et maintient encore la société civile. Mais une histoire positive est porteuse de plus d’espoirs que la mise en lumière de la connerie humaine. Alors lisez ce livre, découvrez avec plaisir que notre Histoire se conjugue aux deux genre, partout et depuis bien longtemps….