Robespierre – la fabrication d’un monstre – Perrin

http://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/histoire-des-quartiers-14-entretien-avec-jean-clement-martin-puis

robespierre_jcmartinRobespierre, l’homme d’une Révolution qui aurait mal tournée. La légende est tenace et au regard du récent numéro de la Revue des Deux Mondes, le personnage provoque toujours de violents et souvent stériles affrontements. Car le portrait formidable que dresse l’historien Jean-Clément Martin est nuancé, intelligent, enfin libéré de la gangue de la bigoterie révolutionnaire ou anti-révolutionnaire. Ni monstre, ni ange, ni dieu, ni démon, un homme politique au coeur d’une période complexe, mutante et redoutablement fertile en retournements. Une vision enfin moderne et donc non partisane, rendant la lecture agréable, fine et intelligible par tous les curieux, amateurs ou non de la grande messe révolutionnaire.

De son enfance, de son adolescence, de ses années de jeune homme, on entend enfin la parfaite « normalité ». Robespierre n’est pas un monstre froid dès sa naissance, il est le produit de son temps, de son lieu, de son éducation, similaire à de nombreux jeunes hommes qu’on retrouvera en 1788, puis tout au long de la révolution d’un côté ou de l’autre de l’échiquier politique mouvant de ces temps révolutionnaires. La Terreur reprend une place réelle et non plus fantasmée et devient un phénomène politique aux multiples acteurs et facettes.

La légende imposée par les Thermidoriens se dissipe sous la plume de l’historien et apparaît enfin la formidable complexité des temps et des alliances. Un travail nécessaire dans ces temps de réification historique et sociétale.

Sur le site de l’Histoire

 

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Dans la presse….

Intéressantes lectures dans trois revues riches de leur diversité;

53Robespierre se paie la Revue des Deux Mondes. Des portraits multiples d’une figure marquante et divergente de notre Histoire contemporaine. Démon ou héros, pourfendeur de l’ancien monde ou grand massacreur de l’idéal démocratique, difficile de se prononcer. Sans doute parce que, et c’est le premier enseignement de ces portraits à entrées multiples, la réalité est nuancée et loin des caricatures des pros et des antis. Ainsi le portrait le plus intéressant est celui de l’historien Thomas Branthome, qui s’appuie sur la chronologie et réussit l’exploit de sortir enfin l’homme d’Arras de sa gangue de Terreur… On regrettera, en tous cas moi, la présence d’Onfray et de Mélanchon qui jouent à merveille leur personnage et son donc ennuyeux comme la pluie d’automne.

Dans ce numéro de la revue, une belle interview d’Umberto Eco, toujours vif et léger, un être assez rare dans ces périodes d’intense sérieusité, maladie mortelle s’il en est.

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96-300x407Autre monde des Lettres avec Transfuge, toujours riche et éclectique. Un Adonis en guerre contre l’Islam malade de sa peste bigote, Nick Toshes et son art trash du roman de l’Amérique hors les murs, une chronique virulente de l’archi trendy Virginie Despentes et le cinéma avec des chroniques de l’exellentissime « Francofonia » ou très réussi « Madame Bovary ».

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12196287_10153755891721018_345838759417221120_nEnfin le hors série de Books qui nous donne à lire le marronnier de l’année philo avec l’éternelle question du rôle des philosophes. L’avantage c’est qu’on se promène un peu partout pour un tour de la question international, mais il reste souvent une impression de caricature avec du tout ou rien. Le manque de nuances dans les analyses est souvent assez consternant. Par ailleurs, les philosophes rassemblés ici sont les adorés du paysage médiatique, cela manque un peu de nouveautés et surtout de diversités. Bref, du pas mal, mais on tombe trop souvent dans la facilité, Dommage pour une revue qui sait pourtant ouvrir ses fenêtres sur les mondes….

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